L’intelligence artificielle, l’humain et le recruteur

@Anne-Elisabeth Bardot

L’intelligence artificielle arrive et elle débarque partout ! Dans nos sphères professionnelles, privées et même la sphère publique. Dans le recrutement aussi, elle commence à pointer le bout de son nez ! 

L’intelligence artificielle, kezaco ?

Partons de la définition de l’incontesté Larousse, qui nous dit :

« C’est un ensemble de théories et de techniques mises en oeuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine » 

Pour résumé, l’intelligence artificielle permet aux machines de réagir et/ou d’agir comme des humains grâce à un apprentissage que la machine fait elle-même à partir de bases qui sont programmées.

Remontons dans le temps…

L’idée que des machines soient capables d’imiter l’humain ou l’animal existe depuis l’Antiquité. Parmi les objets qui sont arrivés jusqu’à nous, nous avons les machines de Héron d’Alexandrie, le premier distributeur automatique d’eau.

D’abord mécanique, l’informatique a permis de transformer de simples objets en intelligence de plus en plus humaine.

Dès 1835, des mathématiciens comme Charles Babbage aidé de Lady Ada Lovelace imaginent des machines analytiques.

A partir de là, tout était possible, et c’est Alan Turing qui lança le concept d’IA tel qu’on le connait aujourd’hui. Pour lui, l’intelligence artificielle devait permettre de simuler une intelligence humaine.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les ordinateurs et les langages informatiques adaptés (Python, R, C/C++, Julia, Scala, Ruby…) permettent de développer des intelligences artificielles de plus en plus humaines.

Des robots ont été créés avec des capacités différentes. L’androïde de Boston Dynamics, Atlas de son petit nom, a été programmé pour apprendre la marche, il est aujourd’hui capable de faire des sauts périlleux.

Mais nous avons également des exemples d’androïdes créés pour développer des compétences intellectuelles plus que physiques, comme Sophia. Vous la connaissez, elle a fait la une des journaux et fait le tour des plateaux de télévision, où elle a répondu à des interviews.

En Octobre 2017, Sophia s’est exprimée devant les Nations unies (ONU) et a même obtenu, dans la foulée, la citoyenneté saoudienne !

Dans le recrutement aussi, l’intelligence artificielle débarque…

Et elle s’appelle Vera !

Vous pouvez déjà la rencontrer chez L’Oréal, Pepsi-Co ou Ikea par exemple.

Mais que fait-elle exactement ? Vera trie les CV reçus par les entreprises et elle prend en charge la qualification téléphonique.

L’IA est capable de poser des questions pour comprendre votre parcours ou vos motivations. Elle passe ensuite la main à une DRH humaine cette fois-ci qui reçoit les candidats sélectionnés par Vera en entretien.

Développée par Alexandre Uraskin et Vladimir Sveshnikov, fondateurs de la start-up Stafory, Vera, incarnée par un avatar féminin, utilise les technologies de reconnaissances vocales les plus populaires du marché (celles d’Amazon, Microsoft et Google ou encore Yandex). Elle a dû entendre plus de 13 milliards de phrases afin d’apprendre assez de vocabulaire pour pouvoir exercer son métier.

Connaissez-vous Cerebro ?

La start-up française HireSweet propose aussi des services d’intelligence artificielle dédiés au recrutement. Elle a développé un outil d’analyse qui permet de trouver des candidats pour un poste précis en scrutant internet et en y analysant toutes les données qui lui sont accessibles (donc des données publiques). Cerebro (c’est son petit nom) déniche ainsi des personnes ayant les compétences recherchées.

Et l’humain dans tout ça !?

Parce que des robots, c’est bien, ça peut effectivement faciliter certaines tâches en les automatisant… mais quid de l’humain. Si ces robots deviennent un standard dans le recrutement, alors que feront ces nombreuses personnes qui ont des parcours inhabituels, qui se sont réorientées, qui ont fait autres choses à un certain moment ; ceux qui ne rentrent pas dans des cases. Ces robots seront-ils capables de les écouter, de les comprendre ou bien même, de les sélectionner ?

Lorsqu’on recrute un collaborateur, nous recrutons des compétences techniques mais également des compétences humaines (ou softskills). Et c’est là, que les recruteurs restent indispensables.

Allons nous voir des binômes humano-androïdes se développer dans le futur ? Peut-être bien !